Le sens spirituel

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Ma démarche artistique, pourquoi « la Vierge » ? Un sens spirituel

Ma démarche artistique, c’est le geste intentionnel ou inspiré que j’effectue dans ou en vue de mes créations sculptures et peintures.
A vrai dire depuis plus de vingt ans je travaille sur un sujet : la Vierge à l’enfant.

Départ et finalité de l’oeuvre :

Dans le mot création il faut donc voir : départ de l’œuvre (dessin, maquette…) original selon un geste personnel. Cheminement de l’apparition de l’œuvre original et personnel. Fin de l’œuvre décidée par l’artiste en temps et en forme.

La Sculpture (statue)
La Vierge seule ou la Vierge avec l’enfant ?

Non la vierge seule, comme on peut le voir dans des statues ou des peintures , mais la Vierge avec l’enfant qui contient à elle seule une richesse plastique.
Autrefois, à cette question : « pourquoi la Vierge ? » je répondais par des intérêts plastiques : deux visages sur une même statue, deux âges, un intérêt dans le rapport mère- fils ( mouvement des visages, qui se regardent ou pas), etc…

Aujourd’hui je le reconnais aussi ; la Vierge à l’enfant possède un intérêt sculptural en elle- même, avec des contraintes plastiques aussi (mais tous les sujets ont leur contraintes à priori ), des effets de drapé…


Des intérêts sculpturaux : Intérêt au sens plastique

Au sens plastique il semble ne pas y avoir de limites dans la forme de la statue de la Vierge à l’enfant, ou bien les formes ne sont limitées que par le matériau utilisé et quelques autres points, par exemple la dimension.


Bien- sur un sujet figuratif contient ses exigences propres. Un sujet figuratif qui d’ordinaire tend vers le beau, exige déjà un certain idéal, exige une certaine volonté dans la démarche ; Il y a une ascèse.

Notion de beauté

Mais cette « notion de beauté », « critère de beauté », peut dépendre du lieu dans lequel la statue sera exposée, une église, une villa de particulier, un jardin, ou autre… Une église demandera d’ordinaire un respect pour un canon particulier.

Il y a aussi l’intérêt pour la figure féminine, qui est plus intéressante dans la sculpture ou la peinture, arts plastiques. La figure féminine accompagne plus aisément la recherche sculpturale.

Le fait qu’il y ait un enfant ? l’enfant ajoute à l’intérêt plastique par son modelé naturel, son visage… il ajoute aussi par son rapport à sa mère qui le porte. Les deux personnages forment un couple naturel, avec une différence d’âges, et plaisant, commun …


La figure est debout

Mes Vierges à l’enfant sont debout. cette position habituelle de Vierge debout crée une dynamique, ou une posture dynamique et commune…elle offre aussi une zone d’ éléments plastiques : toute la partie basse (demi- moitié) de la statue…


Bien que je sculpte aussi des Vierges assises, plus rarement, mais qui garderont aussi un besoin de « frontal », et qui offrent aussi une zone sculpturale intéressante (les jambes de la vierge, sous la zone de l’enfant…).

Par la matière

Le choix de la Vierge debout n’est pas évident associée à la matière pierre. En effet habituellement un bloc de pierre, équarri, est plutôt de forme cubique, rectangle, mais pas spontanément de forme longue qui convient à la statue. La matière, naturelle, qui semble être la plus adaptée à des formes longues comme une statue debout, est le bois (tronc de bois, grume …).
Pour créer une statue je commande un bloc de pierre équarri et aux dimensions voulues. Ce bloc dressé tient parfaitement debout (la face du dessous est parfaitement plate)

Le frontal

Rien ne m’intéresse moins que de chercher à satisfaire tous les points de vue dans une sculpture. Et aussi, cela pour moi est de l’impossible, et de plus dans le concret cela n’est pas utile.
Par contre le travail qui est fait sur cet aspect du frontal est intéressant et ouvre à une qualité des traits, du dessin, des volumes, plutôt qu’il ne ferme…
Le fait de travailler sous cet aspect et en gardant cette notion, ce point technique, permet la non- dispersion du travail. Cela facilite le faisceau de lumière plus régulier, constant …

Ce n’est pas le sujet de la Vierge qui me donne le choix de la vue frontale, mais un besoin sculptural, une limite pour un mieux.
D’ailleurs le frontal ne veut pas dire d’un seul point fixe de vue, mais offre une zone de points de vue plus restreinte, qui peut toutefois aller jusqu’à 180°… En tout cas une large zone arrière de la statue n’est pas de grand intérêt. Je pars toujours sur ce principe : Il n’y a donc pas intérêt à s’y attarder dans le travail de création.


Les deux personnes

Les deux personnes, la vierge qui porte l’enfant, et l’enfant porté par la Vierge, m’invitent à choisir une position de l’un par rapport à l’autre : L’enfant porté sur un bras doit être positionné avec un angle par rapport à la vierge, ou- bien être présenté de face.
Dans des statues modernes, l’enfant peut être tourné vers sa mère. Dans des statues de Vierge au nouveau né, l’exigence sur ce point est moins grand (évitons de placer l’enfant strictement horizontal).

Traditionnellement l’enfant forme avec sa mère un angle de 90°… c’est à dire que l’enfant n’est pas fermé sur sa mère, mais il n’est pas non plus tourné à sa mère… l’angle de 90° permet encore le regard de l’un vers l’autre. L’angle de 90° , 100 °, est un angle avenant.

Dans des statues du XIX ème siècle l’enfant est complètement tourné vers le monde, avec les bras ouverts par exemple (Cf Notre Dame de France)

Dans mes statues 2006 et suivantes (VE120, VE136, VE87…) je positionne l’enfant au bout des bras de Marie qui le porte devant elle. L’enfant est donc présenté de face. Je ne le positionne pas très haut, mais pas en bas, ceci pour laisser un espace sculptural au dessus et en dessous. Dans la VE 120, les pieds de l’enfant sont exactement à mi- hauteur

Taille et sculpture facilitée

L’enfant porté « sur la hanche », ou sur le bras de Marie, comme dans les statues du XIII ème, du XIV ème siècle :
Cette position crée une zone ouverte en dessous, une zone ombrée qui sert à une retombée de drapé en tuyau ou autre, à partir de dessous la main ou bras porteur.


Sur cette position à la gauche de Marie ( enfant sur le bras gauche) ; cela est plus aisé techniquement, pour un droitier qui tient son ciseau de la main gauche. Naturellement et techniquement l’enfant se place donc à droite. Le ciseau attaque donc la figure de l’enfant aisément sur son coté avant tout, puis le visage tourné vers sa mère. L’angle entre les deux figures est donc abordé en regardant de face, le ciseau allant de droite à gauche, sans que le sculpteur ne soit obligé de se déplacer.
Si l’enfant se trouve à gauche, l’attaque de la pierre est moins facile ; le buste de l’enfant doit alors être travaillé par un ciseau de front…!

La notion de canon

Le canon veut dire une règle de proportion. Il peut paraître inutile de parler de cela dans l’esprit moderne et dans les expressions modernes en sculpture. Toutefois, personnellement j’ai du mal à m’en passer pour toute statue, et surtout les statues debout.
Utiliser un canon clair pour des positions (je parlerai donc de hauteurs, par exemple hauteur du coude…) facilite grandement le travail.


Une des raisons est que la statue qui est en cours, je la vois toujours de mon propre regard objectif, mais sans vraie distance ; soit en pongée (vue en plongée si la statue est en bas) soit en contre plongée ( si la statue est perchée sur un socle…). Ce manque de distance « déforme » la statue, à elle seule elle suffit pour justifier l’utilisation d’un canon (mais aussi des dessins préparatoires). De toute façon, utiliser un canon peut être une façon de s’en détacher.
Utiliser son propre canon est un signe de liberté. Utiliser un canon traditionnel peut être à la base une façon de créer son propre canon en fonction de la statue en cours, le sujet, sa position, sa destination, etc…

Consultez les peintures de la Vierge

 

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Tailleur de pierre 1986 ; sculpteur 1986

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