L’acte

Classé dans : sculpture | 0

L’acte

Si je parle de l’acte c’est pour conforter mes idées sur l’acte et pour répondre avec vérité aux erreurs souvent répandues qui m’agressent.

Qu’est l’acte ?

L’acte serait ce moment ou se passe entre moi et la matière une histoire. Le moment ou la matière va être transformée. Mais que veut dire transformée ? et pour qui ?

Au fond, l’acte est un drame. Ou est- ce la condition de l’acte qui est drame ? Peut être parce que la chair, c’est à dire la forme sculptée, qui est tridimensionnelle au même titre que la chair de l’homme, est dans une condition tiraillée ? la forme sculptée est – elle alors tiraillée aussi, prise entre des forces différentes ?.

Mais je ne viens pas parler ici de la forme mais de l’acte.

Si je peux en parler, c’est que j’ai les mots pour le faire, et aussi parce que celui- ci, l’acte, m’a interrogé pour l’améliorer.

je vais me servir de sculptures que je vois ; celles – ci me montrant des erreurs d’approche, des erreurs sur la définition des mots, et sur la forme en tant qu’elle est diffusée sous le terme de sculpture.

Ce qui m’intéresse c’est le résultat, plus que l’acte.

Est- ce une comparaison ? :

Le ciseau, est formidable comme comparaison : Le ciseau attaque la matière, la pierre, obliquement. Jamais perpendiculairement, on s’en doute ; ça ne donnerait que de la casse, de la pierre et aussi du ciseau, de l’outil !

Et bien chercher la sculpture paraît aussi se faire obliquement, et non de front !

Toutefois ça n’empêche pas la technique. Et depuis plusieurs années je suis profondément soumis à celle- ci, et j’y ai porté ma foi. Une science profane, une science, sans laquelle aucune oeuvre n’en ressort construite véritablement !

Par quoi la science pourrait elle être remplacée ? une inspiration ? l’ influence d’un ange ? une transe ? Pour moi, cette idée que la science se place en second ou autres niveaux est une erreur. Peut être parce que cette science se situe dans l’intelligence créée … est intrinsèque à l’art… elle se situe non en aval de l’œuvre mais en amont, est la preuve de la matérialité de l’œuvre… est la réponse à sa matérialité …

L’acte, se résume en un instant.

Comme dans un précédent article : le « temps de la sculpture »

Une statue en pierre, je la fais sur deux, trois mois, quatre mois ; mais l’acte est toujours unique et se situe en un seul instant, court. Peut être doit- il se placer à l’origine de l’œuvre.

Se situant en un instant, il se perpétuera dans l’instant que donne à voir l’œuvre, cet instant vivant. Cet instant est vivant parce qu’il condense les instants, ses mouvements, pour n’en garder qu’un seul, celui qui exprime le sujet.

Instant vivant

Cette « vie » je l’ai défendue et je la défendrai encore. Car il n’y a pas d’autre mot pour la remplacer, et sans elle la sculpture est morte, sans intérêt.

Il y a « sculpture » et « sculpture ». L’une a le potentiel de cette vie, et même plus, elle a les dignes caractéristiques plastiques de la vie. L’autre pas. Cette deuxième contient la dysharmonie de la forme intéressante comme symbole, mais qui ne remonte pas à la surface de l’esprit. Elle ne rejoint pas, n’aboutit pas à la forme transcendée par l’esprit. Elle ne se sépare pas de sa matérialité. Sa matière n’est pas dominée totalement.

Cette vie, particulière, localisée dans la sculpture, ou plus exactement à sa surface visible et palpable, doit être reconnue pour accepter la qualité de l’œuvre. C’est le critère, qu’il n’est pas mauvais de reconnaître. C’est le point particulier, cette étincelle qui allumera toute sa forme et qui la fera briller comme une étoile parmi ses consœurs. Cette vie, particulière, localisée dans la forme tridimensionnelle, se communique t-elle ?, et comment le fait- elle ? Y a t-il vie qui ne se communique pas ?

Cette vie est – elle fragile ?

Cette vie, une fois trouvée, dans la forme, est indestructible. Une fois trouvée, ressortie, ou expurgée…devient dominante, maîtresse, présidente…le reste est devenu secondaire.

L’acte

Il se situe en un instant. Je le crois. Au fond, la sculpture, qui est une recherche permanente comme dans la peinture d’un tableau, est une recherche immédiate de l’acte parfait. Quel est cet acte ? c’est l’acte déterminant initial ; le plan, le trait…

Toute oeuvre est inutile sans cet particularité trouvée, cette trouvaille « toujours initiale ».

Suivre Martin Damay:

Martin Damay est sculpteur professionnel et orienté vers les métiers de la pierre depuis 1986. La pierre est la matière dominante de ses sculptures. Tailleur de cette pierre il se formera à la sculpture auprès de nombreux maîtres et dans les arts figuratifs en cours particuliers. Le figuratif est devenu la spécialité de Martin Damay, y compris la statuaire de toute taille.

Articles récents de

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.