De toute matière l’œuvre est

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De toute matière l’œuvre est.

La sculpture, du « tridimensionnalisme »?

Je ne saurais dire les premières matières qui ont été entre mes mains, et qui ont été de fait des potentiels, des lieux de créativité, de création. Dans un ordre de préférence je placerais comme ceci : le carton, le papier mâché, la terre ou l’argile, le bois frais puis le bois aggloméré, le fer ou le métal, la pierre, le béton, la résine acrylique.
Quand j’y pense, la matière dont je parle ici peut être placée comme « sous ma domination ». Mais je ne crois pas qu’il s’agisse de cela. Elle peut, en tant qu’elle est tridimensionnelle par nature, s’investir, représenter, interpréter autre chose qu’elle même. En fait, quelque chose plane littéralement au dessus d’elle, un dessein. Ce dessein est indépendant de moi, ou dépendant.
Je peux dire qu’il est dépendant de moi si j’ordonne la transformation, sa transfiguration…

Quand j’y pense, la pierre semble être la seule matière, naturelle, qui contient par elle même un parfait potentiel de tridimensionnalité :
Le bois : je suis tenu aux limites du diamètre de l’arbre
Le fer : créé, il ne me donne pas de bloc tridimensionnel, cube, parallélépipède.
Le béton : créé, il ne donne qu’ un bloc que je veux délibérément.

La pierre : sciée elle est de toutes les dimensions : carré, bloc, rectangle, plaque, parallélépipède … ! hourra !
Je ne veux pas tomber dans le « tridimensionnalisme ». La sculpture dans ce sens serait alors une vie, une attitude, un réflexe ! …

De toute matière l’oeuvre « est » ! cette matière, qui est au service de l’idée, disparaîtra. C’est à dire que l’oeuvre établira une distance infinie entre elle et celle- ci. Parce que l’esprit qui domine l’oeuvre transcende et laisse loin derrière la matière !

 

 

 

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Tailleur de pierre et sculpteur à partir de 1986

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