Le parcours d’une statue

La statue a un parcours exceptionnel, atypique, mystérieux.
Je sculpte une statue en deux mois, trois ou quatre mois. Mais l’acte est toujours unique et se situe en un seul instant, court.

Le parcours d'une statue

Le concept et le "rien"

Le “rien” est associé à “création”.
La “création”, ou inventer, placer une statue debout.
Quel est ce “rien” ?
Créer contient en soi un “partir de rien”, commencer avec un “rien”.
Or réaliser une statue veut commencer par un état des lieux de ce qui est :
– la matière particulière,
– le sujet,
– l’outil,
– mes capacités physiques,
– le lieu d'”apparition”.
Tout ça se sont des choses qui sont.
D’autres choses ne sont pas, elles constituent un “rien”.
Le concept a un lien avec le “rien”. Dans celui- ci il y a volonté, appel, attirance, mais il suit ce qui manque. Il a soif.

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La statue. La création d'une statue peut passer par le modelage préalable

La prise en main

Le façonnage de la pierre nécessite de la force :
Force physique
force morale.
Le façonnage de la matière : argile, cire, en demande autant : 
Ce n’est pas la liberté qui sculpte car celle- ci ne peut rien en ce qui concerne la matière.

Le geste

L’acte n’a été qu’un seul instant ; c’est celui- ci qui compte.
L’énergie qui a été nécessaire se cumule. Elle se concentre en cet instant primordial, initial qui va se perpétuer dans l’instant représenté dans l’œuvre terminée.
L’énergie, si pleine, si absolue, absorbante se cumule, et ne se donne en rien d’autre qu’à cette œuvre à naître.

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La pierre, au début

Dépassement

A mesure que la sculpture prend forme, elle passe par des étapes aux formes inadmissibles. D’ailleurs si il y avait des images de ces étapes elles n’intéresseraient personne.
Quelle différence entre celles- ci et l’instant final, cet instant éternisé, qui est l’œuvre atteinte, le sujet atteint tout simplement, comme est atteint son sommet ?
Ces anciennes étapes de la sculpture, fugitives je le veux, évanouies dans le passé, disparues, ont donc laissé place à l’œuvre.
D’une valeur négligeable ces formes en construction, ces étapes obligées, est alors créée la forme d’une valeur tout autre, à la dignité de la vie et expression de santé !
Parler de “vie” signifie la valeur que moi je lui accorde. Celle- ci est d’ailleurs plus qu’une valeur ; elle est un moteur, elle est une vie particulière.

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La statue, à la fin

La statue, le détachement

C’est un rôle de père que d’avoir une sculpture en cours

  • Quand cette œuvre est loin je m’inquiète
  • quand je la laisse le soir c’est avec arrachement
  • quand elle n’est pas terminée je m’impatiente
  • quand je ne trouve pas la vie qui y est contenue et qui demande à sortir, je pleure et je gémis.
    Il faut qu’elle soit protégée, cachée, tant qu’elle n’est pas encore !…

Ce ne sont pas une infinité de points parfaits qui font l’œuvre trouvée, c’est la vie avec ses dignes caractéristiques plastiques, qui a trouvé son expression, comme son terreau fertile dans la matière qui la fixe et la donne.

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