Quand j’ai débuté en sculpture

Les choses ont un début et une fin. Pour la sculpture il s’agit de connaître quand elle commence !

Quand j'ai débuté en sculpture

Mes débuts en sculpture se situent dans les années 1986 et 1987, bien que mon attrait pour la forme matérielle et “la matière” soit plus ancien.
Mes débuts concrets en sculpture sont liés à la vie artistique en général, de l’année 1986 et les années suivantes, ainsi qu’au contexte de la fin du XXe siècle.

Dans cette réflexion j’ai notamment ressenti l’idée de parler de la culture à l’époque où Amiens était mon lieu de vie. 

Débuter en sculpture avec une double idée

En sculpture, je gardais donc au fond de moi une double idée :

  • D’une part celle des années parisiennes du début du siècle (XX e) , avec son Montmartre, ses sculpteurs inspirés, fructueux.
    Tout cela n’était pas si loin dans mon esprit et m’était proche dans le temps et l’espace…!
  • D’autre part la sculpture s’imposait à moi par son esprit et par sa forme ! : L’esprit tenait une priorité, m’attirait mystérieusement.

     

    Mais je dois le dire mes visites à Paris ont été fort déçues à ce moment là : Je découvrais la mondanité qui s’emparait des quartiers de Montmartre, dénaturant les contextes de la création de la peinture et de la sculpture telles que je les avais imaginés.

    Eliminé, dénaturé, il était clair qu’une sculpture “du passé”, était balayé petit à petit d’un revers de manche.

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La cathédrale d’Amiens, une splendeur pour débuter en sculpture

Contexte des années 60

Le contexte des années 1960 c’était pour moi :
– l
a découverte de l’espace et sa conquête technique
– le re-dynamisme économique après guerres
– Le premier pas sur la lune.

Nos échanges d’enfants étaient imprégnés de ce contexte ; dans les esprits régnait cette possibilité de découvertes extra- terrestres;
Au cinéma ou à la télévision on passait des films de science- fiction, (commencés plus ou moins avec “la guerre des mondes”, (1898)

Quelques films cultes des années 60 :

“Martiens go homme” (1954) ;
“La chose d’un autre monde” (1951)
“Le jour où la terre s’arrêta” (1951)
“Robinson Crusoé sur Mars” (1954) ;
“Alien” (1979) ;
“Rencontres du troisième type” (1977) et “E.T.” (1982) ;
“l’Odyssée de l’espace” (1968) et “2001 l’Odyssée de l’espace”

Télévision

Les Envahisseurs (The Invaders) (à partir de 1967).

Cette attention générale à ce qui pouvait advenir, grâce aux découvertes spatiales, ce contexte, influença la sculpture : Je le découvre dans des statues de

  • voir aussi Giacommetti “l’objet invisible”

Ou les sculptures de Barnett Newman avec l’Odyssée de l’espace”

  • Lynn Chadwick ou Eugène Dodeigne, pour ne citer que les sculptures à représentation humanoïdes

La forme du martien

Le martien, qu’il soit E.T ou Klaatu, le petit homme vert, les créatures de la Rencontre de Kelly-Hopkinsville… pourraient être rapprochés de sculptures contemporaines.
Je note :

  • leur morphologie symétrique
  • leur ressemblance à l’humain (une tête posée sur un corps, des jambes pour se déplacer…).
    Nés de cette création artistique tendant toujours finalement à notre propre image humaine.

Débuter en sculpture avec des lieux

La maison de la culture d’Amiens ouverte en 1966 ; je la visitai de temps en temps.
J’en garde le souvenir d’un bâtiment plutôt froid ; Dépourvu de nature, de verdure, de vie, et de pierre !
Y cherchant toujours un souffle d’art, un souffle d’inspiration, je ne l’y trouvai pas, ou à de très rares occasions, peut être lorsqu’un brin de nature était apporté à une exposition.

Appelant sans doute une part de moi même, appelant une part non négligeable du spectateur, exigée pour y pénétrer et découvrir le monde de la désormais culture, de la nouvelle “création”; cercle d’initiés, sans lequel personne ne peut comprendre ou en tirer une leçon de vie.
Sorte de mur à franchir, incontournable, pour s’abreuver de mystérieuses connaissances, géniales et -vraies- découvertes, celles- ci dépassant toute religions devenues maintenant obsolètes, connaissances et fruits détenus pas une bureaucratie quasi invisible.

Repenser mon idée de la sculpture

L’idée de “la création” en moi devenait- il quelque chose à replacer, à repenser, et avec elle la “sculpture”, la peinture, leur définition ? 
Plus loin, à 120 kms de là, le centre Beaubourg me nourrissait de sculptures et d’art plastiques plus véritables, j’y rencontrait Picasso, Arp, Brancusi, et Leger, et plus tard Giacometti.
Dans mes débuts en sculpture Rodin a une place.

Débuter en sculpture avec le “contemporain” ?

Comme désormais “suspendue dans les airs”, la sculpture s’est largement dé-matérialisée ; devenue objet d’idées intellectuelles, de force d’esprit plutôt que de force de matière :
Ce qui est trop “matière” devient suspect, arriérisé.
Il
semble alors que tout soit dicté par une économie.

Une impression démontrée

Au moment où  j’écris ces lignes, l’impression du contexte fin XXème siècle se démontre : La sculpture qui a passionné tant d’artistes et donné des œuvres reconnues et toujours passionnantes à découvrir, cette sculpture perd son actualité et son intérêt pour beaucoup de sculpteurs.
La matière pierre est exigeante dans sa manipulation. Exigeante dans son travail, rude dans sa réponse à l’outil, “ingrate”.
Les galeries d’art n’exposent pas de statues en pierre. L’art profane n’est plus orienté vers ce type de produit. 

Le déstructuré s'est orienté vers le rien

Le déstructuré que l’on trouve chez les artistes du XXème siècle, et qui conservait la part de règles canoniques, voir Picasso, Zadkine, Brancusi…, formés à l’école des classiques, s’est orienté vers le subjectif pour aboutir à la pauvreté radicale.

Les choses ont un début et une fin.
Pour la sculpture il s’agit de savoir quand elle commence !

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