Mes débuts en sculpture

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Les choses ont un début et une fin.
Pour la sculpture il s’agit de deviner quand elle commence !

Mes débuts en sculpture

Mes débuts en sculpture se précisent dans les années 1986- 1987, bien que la « forme matérielle » et mon rapport à la matière soit plus ancien.
Je ne peux dissocier cette réflexion sur mes débuts en sculpture de la vie artistique en général, soit vécue en 1986, soit des années suivantes, et aussi du contexte de la fin du XXe siècle.
Dans cette réflexion j’ ai notamment ressenti l’idée de parler de la Culture à l’époque où Amiens était mon lieu de vie. 

Double idée

En sculpture, je gardais au fond de moi une double idée, image :

  • D’une part celle des riches années parisiennes du début du siècle (XX e) , avec son « bateau lavoir », Montmartre, ses artistes géniaux et inspirés, fructueux. Tout cela n’était pas si loin dans mon esprit, et m’était proche dans le temps et l’espace…!
  • D’autre part l’Art s’imposait à moi plus par son esprit que par sa forme ! : C’est l’esprit de l’art qui détenait pour moi la priorité, qui m’attirait mystérieusement.
    Mais je dois le dire mes visites à Paris ont été fort déçues à ce moment là : Je découvrais la mondanité qui s’emparait des quartiers de Montmartre, dénaturant les contextes de la création de la peinture et de la sculpture telles que je les avais imaginés.
    Eliminé, dénaturé, il était clair qu’un art maintenant « du passé », (celui que l’on appelait « le grand art » ) était balayé petit à petit d’un revers de manche…

virge statue, belle sculpture ,pierre

Vers des lieux

La maison de la culture d’Amiens ouverte en 1966 ; je la visitai de temps en temps. J’en garde le souvenir d’un bâtiment plutôt froid ; Dépourvu de nature, de verdure, de vie. Y cherchant toujours un souffle d’art, un souffle d’inspiration, je ne l’y trouvai pas, ou à de très rares occasions, peut être lorsqu’un brin de nature était apporté à une exposition.

Appelant sans doute une part de moi même, appelant une part non négligeable du spectateur, exigée pour y pénétrer et découvrir le monde de la désormais culture, de la nouvelle création artistique ; cercle d’initiés, sans lequel personne ne peut comprendre ou en tirer une leçon de vie.
Sorte de mur à franchir, incontournable, pour s’abreuver de mystérieuses connaissances, géniales et -vraies- découvertes, celles- ci dépassant toute religions devenues maintenant obsolètes, connaissances et fruits détenus pas une bureaucratie quasi invisible.

Contexte années 1960

Le contexte années 1960 c’était
La découverte de l’espace et sa conquête, technique et humaine.
Le re dynamisme économique après guerres
Le « plus jamais ça »!
Le premier pas sur la lune (1969)

Nos échanges d’enfants étaient imprégnés de ce contexte ; dans les esprits régnait cette possibilité de découvertes extra- terrestres.
Au cinéma ou à la télévision c’était la multitude de films de science fiction.

Commencés plus ou moins avec « la guerre des mondes » roman de 1898 ;

Voici quelques films cultes :

« Martiens go homme » (1954) ;
« La chose d’un autre monde » (1951)
« Le jour où la terre s’arrêta » (1951)
« Robinson Crusoé sur Mars » (1954) ;
« Alien » (1979) ;
« Rencontres du troisième type » (1977) et « E.T. » (1982) ;
« l’Odyssée de l’espace » (1968) et « 2001 l’Odyssée de l’espace »

En série télévisée :

Les Envahisseurs (The Invaders) (à partir de 1967).

Cette attention générale à ce qui pouvait advenir, grâce aux découvertes spatiales, ce contexte, devaient influencer la sculpture : Je le découvre dans des statues de

  • Giacometti et dans bien des œuvres d’autres sculpteurs :

Comparer les œuvres

Ou les sculptures de Barnett Newman avec l’Odyssée de l’espace »

  • Lynn Chadwick ou Eugène Dodeigne, pour ne citer que les sculptures à représentation humanoïdes

Le martien

Le martien, qu’il soit E.T ou Klaatu, le petit homme vert, les créatures de la Rencontre de Kelly-Hopkinsville… pourraient être rapprochés de sculptures contemporaines.
Je note :

  • leur morphologie symétrique
  • leur ressemblance au fond à l’humain (une tête juchée sur un corps, des jambes pour se déplacer…). Nés de cette création artistique tendant toujours finalement à notre propre image.

Replacer ?

L’idée de « la création artistique » en moi devenait- il quelque chose à replacer, à repenser, et avec elle la « sculpture », la peinture, leur définition? 

Plus loin, à 120 kms de là, le centre Beaubourg à Paris me nourrissait de sculptures et d’art plastiques véritables, j’y rencontrait Picasso, Arp, Brancusi, et Leger, et plus tard Giacometti.

Mais et le « contemporain » ?

Comme désormais « suspendue dans les airs », la sculpture s’est largement dé-matérialisée ; devenue objet d’idées intellectuelles, de force d’esprit plutôt que de force de matière :

Ce qui est trop « matière » devient suspect, arriériste.
Il
semble alors que tout soit dicté par une économie…

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Suivre Martin Damay:

Martin Damay est sculpteur professionnel orienté métiers de la pierre depuis 1986. La pierre est la matière dominante de ses sculptures. Tailleur de cette pierre il se formera à la sculpture auprès de nombreux maîtres. Le figuratif est devenu la spécialité de Martin Damay, y compris la statuaire de toute taille.

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