La sculpture, l’art sacré et l’art religieux

Ce que nous reprochons à l’art c’est de n’être pas assez religieux.
Je n’admets pas l’association des mots “art” et “religieux” car veux parler d'”art sacré”.

La sculpture et l'art sacré

L'art sacré ou religieux ?

Si le sacré définit l’art, cette distinction lui donne sa dignité.

sculpteur martin damay

L’art sacré s’associe à la beauté. Cette beauté elle- même transcendante, élève et instruit. La beauté se trouve dans le travail parfaitement accompli, aux lignes définies, au formes pleines et suggestives, à la nouveauté plastique et à l’adaptation liturgique. 

Un sculpteur en arts sacrés

La création dans l'art sacré

Dans le mot “création” il faut entendre “original”: Une statue peut être sculptée sans qu’il y ait une originalité ; une copie d’une statue par exemple.

Mais je mets l’accent sur le sens de “création” : il y a

  • un début à la réalisation
  • et une fin.

– La fin est décidée par moi : l’œuvre exprime t-elle ce qu’elle doit ? le concept qui a présidé à l’œuvre, ou précédé l’œuvre est- il là ?

Dans le sens de “création” peut être comprise la matière.
(La matière est mise au second plan dans l’œuvre. Elle en est le support, mais l’esprit qui jaillit de l’œuvre efface la matière).

Dans le mot “création” il faut donc voir :
– départ de l’œuvre (dessin, maquette…) original selon un geste personnel.
– Cheminement de l’apparition de l’œuvre original et personnel.
– Fin de l’œuvre décidée par moi en temps et en forme.

Le début et la fin d'une sculpture

– Le début porte un vide, un rien.
Un dessin, une œuvre existante, peuvent inspirer le désir d’une nouvelle œuvre, mais cela ne signifie pas que l’œuvre nouvelle est déjà ; Au contraire, l’œuvre déjà existante ne porte pas ma marque et elle n’entre pas dans mon concept ; elle n’exprime pas ce que l’artiste veut dire. Elle manifeste et met au jour un manque ressenti :

  • Un faux
  • une contre vérité, peuvent exister dans ce cas.

Art ou religieux

Nous croyons qu’ à se vouloir trop religieux la technique s’est éloigné de l’art. Il semble que tout l’art soit “religieux”, ou qu’aucun art ne le soit.
Et alors parmi toute la création artistique il y a un art qui ressurgit et qui est qualifié de “religieux” ?
Suffit – il que cet art soit représentatif de religion ? et aujourd’hui l’art religieux est donc alors aussi vaste que peut l’être la religion !
Je ne peux donc pas admettre l’association de ces deux mots : Car l’art nécessite un travail.
Se peut – il qu’un art soit de fait spontané ? La création d’une œuvre peut elle être spontanée, ce qui abolirait le travail ?
Le sculpteur que je suis ne peut pas admettre cela aussi facilement, car dans le concret il a fallu du temps pour sculpter cette statue en pierre qui est là devant moi ! le temps signifie donc un travail.

Certes, le concept, l’idée de la forme, est plus rapide que le temps, plus immédiat. “La création, c’est l’acte lui- même, initial, un seul instant, bref, qui est continué, prolongé…”
Mais je peux considérer aussi le travail de la sculpture comme en lien avec une science, une science profane.

Appropriation vers le "religieux", ou le religieux ne peut "advenir"

Si l’œuvre provient d’un travail technique, elle ne peut être religieuse.
Il s’agirait pour l’acteur de “faire de l’art” pour que cela soit religieux, quel- que soit le thème ! Il s’agit de distinguer “art” et “art sacré“…
L’ art “religieux” devrait être qualifié de “sacré” : 

– Emporté par une grâce extraordinaire
– inspiré divinement, si je dissocie l’art du travail, je néglige la technique, ce qui ne donne pas de bonnes œuvres, peintures ou sculptures ! quel que soit le sujet.
Et je le constate ; le monstre n’est pas inventé par les temps modernes ; Des œuvres anciennes le manifestent : une contradiction se trouve dans leur finalité, une contradiction inévitable :
Amalgamé, le résultat est “monstrueux”. Le geste n’a pas été pur ou artistique ; il a contenu un autre but.
Le résultat hétéroclite dans lequel règne une certaine nostalgie, ne peut donc pas voir le jour à des fins d’œuvre d’art, parvenir à la vraie lumière comme y parvient le résultat d’un vrai travail.

La force du sujet embrouille la notion de beauté

Nous croyons que souvent ce qui est appelé beauté se soumet à la force ou à la grâce du sujet. L’art religieux fait de sujets appelle irrésistiblement à ce qu’on le qualifie de “beauté”, mais dépouillé de son thème, la beauté se réduit souvent et hélas à peu de chose.

Le résultat, hétéroclite dans lequel règne une certaine nostalgie, plus qu’une inspiration, ne peut donc pas voir le jour à des fins d’œuvre d’art, parvenir à la vraie lumière comme y parvient le résultat d’un vrai travail, c’est à dire le fruit d’une inspiration artistique et technique.

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