La sculpture et la théorie de l’évolution

La théorie de l’évolution me concerne. A vrai dire l’acte de sculpter à un rapport avec “l’acte” créateur.

La sculpture et l'évolution

L’acte de sculpter à un rapport avec “l’acte créateur”.  

La création artistique

Le terme de “création artistique est couramment employé, j’emploierai ce mot sans scrupules, avec parfois des essais d’explication.
Création suppose intrinsèquement “créer à partir de rien”;
Comment alors parler de création artistique si l’on se réfère à celle- ci comme acte humain …? et :
Se peut – il qu’il y ait un “rien” , qui permette de parler de création ? 

Se peut – il également que l’on ne parle pas de vie si on parle de création …?

Mais alors qu’elle est cette “vie” ? Je voudrais revenir à cette question plus tard dans un autre article.

Quel peut être un processus de création d’une œuvre sculptée ? Quel est le geste créatif ? comment le définir ? :

La sculpture et le “rien”

Je crée à partir de “rien” : effectivement je dois avouer qu’il y a un “rien”, lorsque commence la réalisation d’une statue, lorsque je trace de premiers traits de crayon sur une feuille de papier pour y fixer l’idée associée à ma recherche et à ma volonté. Une forme de “rien” ;
Une forme car la figure, le sujet “femme et enfant” par exemple, est une image qui m’est facilement accessible, soit dans la réalité (une mère portant son enfant), soit sur une image, soit de mémoire.
Je crée donc grâce à cette image “modèle”, image pré établie, pré donnée. Le rien ne se situe donc pas à cet endroit…

L’évolution part de zéro

Se pourrait – il qu’il n’y ait – pas – ce “rien” ? c’est à dire que dans des motifs de créer, des raisons de créer, il n’y ait pas la place pour cette notion de “rien” ? :
Il semblerait que comme pour la notion de “création continuée”, que ces notions, en dépit de leur utilisations spécifiques, ne puissent s’extraire, s’abstraire, aussi facilement : Que servirait de faire (une sculpture) une “œuvre” ? si celle- ci existait déjà ? me disait un sculpteur.

En effet l’esprit de création se place dans une nouveauté, une “invention”…Dire des choses qui n’ont pas été dites auparavant bien- sur !

Il y a donc une “sorte de rien” avant toute sculpture ; pour mieux préciser je pourrais nommer ce qui est déjà :

Ce qui – est – déjà ?

  • la matière est déjà : la pierre, la terre, l’argile…
  • le sujet, dans une photo, la nature, etc…
  • les sentiments que je veux exprimer d’une certaine façon existent déjà aussi, du moins si je ne peux vraiment dire où ils se trouvent, je ne les invente pas. Et pourtant semble -t- il ces sentiments font partie de ce qu’il y a à dire.  

Certes je ne crée pas la matière ! je ne crée pas le sujet, et pourtant la création semble se placer dans le sujet : une nouvelle forme de dire celui- ci, une nouvelle façon de le déclamer, de le proclamer …Ce rien qui semble exister lors de l’élaboration de la statue est – il un vrai moteur de la création ?

Pour résumer ; la négation du “rien” est à réfuter absolument : C’est un iconoclasme de trouver ce rien inopportun ! Des erreurs viennent de la négation du “rien” !

La sculpture et fixer un temps

Fixer un temps est pour moi une chose évidente. Non que je recherche cela en priorité, je recherche l’intensité, qui fait partie de l’expression “spirée”, de l’expression en tant que telle. L’intensité ne peut se séparer de l’expression.

C’est donc une intensité d’expression dans un moment donné, un moment arrêté, un moment sans temps en fait. Même raccourci à sa plus brève durée.
C’est un moment fixé, mais si je compare à la nature, ou à un modèle, ce moment fixé correspond à tout le temps du modèle, c’est à dire que ce temps fixé regroupe à lui seul tout le temps temporel du sujet, et se concentre en lui. Un silence, une prestance, voilà ce qui reste, mais tout est là, tout. 

Dans une sculpture, fixer un temps, fixer un moment, ne veut pas dire que je cherche à exprimer dans une matière quelque chose que je n’aurais pas vu et que je désirerais inventer dans une statue par exemple.
C’est au contraire, extraire des réalités, hautes, particulièrement humaines, pour les mener à un jour qui dépasse le plus commun…

L’Evolution théorie

Le rapport au hasard
En effet j’ai été très touché, et interloqué suite à la réaction d’une visiteuse devant mes sculptures exposées (exposition de 2006) ; “Qualité des statues et hasard” : “réussir un visage = un hasard !”. 

Sculpture et hasard ? vous avez dit hasard ?

Se peut – il qu’il y ait “hasard”?, un imprévisible ? : Après tant de travail à rechercher les traits d’un visage dans un modelage ou dans une pierre; après tant d’acharnement pour trouver celui- ci …!

Que voudrait dire hasard ?
Celui- ci n’empêcherait pas que je sois dans la situation de trouver, en plein travail, l’outil à la main… ce que je cherche, disons les harmonies d’un visage par exemple, viendrait comme cela , tout à coup ? comme un lumière qui viendrait sans aucune raison ? 

Jamais je n’aurais pensé à un “hasard” si cette visiteuse ne m’avait dit ce mot ! car pour moi cela est inconcevable. C’est vulgaire !
L’expérience de la sculpture sur pierre, ne peut me permettre de parler de hasard :
La pierre a un prix d’achat, et même si elle n’en avait pas, par sa seule matérialité, par l’effort qu’elle exige pour la hisser jusqu’à un plan de travail en vue d’une sculpture, ces points ne peuvent me faire admettre qu’il y aurait des éléments qui ne seraient pas contrôlés par moi- même, le sculpteur.
Non, Il faut parler de technique !

Sculpture et technique

La sculpture tient compte de technique et de techniques. Cela suffit – il ?
Si la technique suffisait il y aurait soit une multitude d’artistes, soit aucun. Or ce n’est pas cela qui se passe ; il n’y a ni une multitude de sculpteurs, et pas non plus aucun !

Certes cette phrase contient du “juste” ; la sculpture est technique”. Mais en aucun cas elle ne peut se résumer à cela ! Dire cela serait refuser le mystère ! car il y a mystère, dans la sculpture, dans la peinture, dans l’art. Mystère qui autrefois aurait pris le nom de “magie”… Laissons donc sa place au mystère !

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