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La sculpture et son acte

L’acte de sculpter est le moment où se passe entre la matière et moi une histoire ; Le moment où la matière va être transformée.
Le meilleur acte de sculpture est hors du temps pour une forme éternelle.

« …et pour mon malheur, l’art est contraire à l’effet désiré »!…(Michel- Ange)

La sculpture et son acte

La sculpture est un seul acte

Qu’est ce que l’acte ?

L’acte est le moment où se joue la transformation de la matière. Que veut dire transformation ? transformée ?

sculpture pierre belles statues sculptée
La sculpture sur pierre, l’acte

L’acte m’a interrogé afin de l’améliorer.

La sculpture et l'acte pour un résultat

Le ciseau cheminant sur la pierre est une comparaison formidable : Le ciseau attaque la matière obliquement. Jamais il ne l’attaque perpendiculairement, on s’en doute, ça ne donnerait que de la casse, de la pierre et aussi du ciseau, de l’outil !
Et bien chercher la sculpture se fait obliquement !
Toutefois ça n’empêche pas la technique. Et depuis plusieurs années je suis profondément intéressé par celle- ci, et j’y ai mis certaine une foi :
Une science profane, sans laquelle aucune œuvre n’en ressort construite véritablement !
Par quoi la science de la sculpture pourrait- elle être remplacée ?

  • par l’inspiration ?
  • par l’ influence d’un ange ?
  • par un état de transe ?
    La science serait- elle secondaire ?
    Pour moi, cette idée que la science se placerait en un second niveau est une erreur.
    Parce que cette science se situe dans l’intelligence créée, qu’ elle est inséparable de l’art, elle ne se situe pas en aval de l’œuvre mais en amont.
    Elle est la preuve de la matérialité de l’œuvre, elle est la réponse à sa matérialité.
    La demi- beauté est un scandale !

L'acte en sculpture se résume à un instant.

Consulter aussi mon article : le  « temps de la sculpture »

Une statue en pierre, je la sculpte en deux, trois, quatre mois. Mais je crois que l’acte est toujours unique et qu’il se situe en un seul instant, court.
Peut être doit- il se placer à l’origine de l’œuvre.
L’acte de sculpture est hors du temps, pour une forme éternelle.
Se situant en un instant, il se perpétuera dans l’instant que donne à voir l’œuvre. Cet instant qui devient alors un instant vivant.
Cet instant est vivant parce qu’il condense les instants, ses mouvements, pour n’en garder qu’un seul, celui qui exprime le mieux le sujet dans sa présence. 
C’est une limite, au sens concret du terme : l’instant qui est vivant, condensé, est limité dans son mouvement, dans sa matière. Jamais il ne bougera !

“l’oeuvre d’art : un arrêt du temps.” (Pierre Bonnard)

L'œuvre, le drame !

L’acte de sculpter engendre t- il un drame ? ou est- ce la condition de l’acte qui est drame ?
Car la forme sculptée, tridimensionnelle au même titre que la chair de l’homme, est dans une condition tiraillée : La forme sculptée est – elle alors aussi tiraillée ? prise entre des forces différentes ?
Limitée de fait de son incapacité à vivre en mouvement spatial ?

Qu’est ce qui fait que l’œuvre d’art est associée à drame et que dans mes sculptures je ne trouve pas ce drame sinon dans la limite qu’impose la pierre au sujet vivant ?

Le rien

Rien est associé à  « création ». La « création », ou créer une œuvre, une sculpture, une statue.
Quel est ce « rien » ?
Créer contient en soi « partir de rien », commencer avec « un rien », une notion de « rien ».
Or réaliser une statue veut commencer par un état des lieux de ce qui est :
– la matière, particulière,
– le sujet,
– l’outil,
– mes capacités physiques,
– le lieu d' »apparition ».
Tout ça sont des choses existantes.
D’autres choses ne sont pas, elles constituent un « rien ».

La vie

“Dans l’Art, la Vie seule intéresse.” (Alphonse Allais)

Sculpter, un geste pour un instant vivant

Cet instant « vie », je l’ai défendu et je le défendrai. Car il n’y a pas d’autre mot, et sans elle la sculpture est morte, sans intérêt.

Il y a donc « sculpture » et « sculpture » :
– L’une a le potentiel et la digne caractéristique plastique de la vie
– L’autre montre une dysharmonie de la forme intéressante comme symbole, mais qui ne remonte pas à la surface de l’esprit et ne rejoint pas la forme transcendée ; Le sujet ne se sépare pas de sa matérialité. Sa matière n’est pas dominée.

Cette vie, particulière, localisée dans la sculpture, ou plus exactement à sa surface visuelle palpable, doit être reconnue pour « accepter la qualité » de l’œuvre. C’est le critère, qu’il n’est pas mauvais de reconnaître.
C’est le point particulier, cette étincelle qui allumera toute sa forme et qui la fera briller comme une étoile par rapport à ses consœurs.

Cette habitation particulière, localisée dans la forme tridimensionnelle, se communique t-elle ? Y a t-il vie qui ne se communique pas ?
Cette vie une fois trouvée, dans la forme, ressortie ou expurgée, devient dominante, maîtresse, présidente…le reste devient alors secondaire. C’est à dire que la forme trouvée, en laquelle la vie EST apparente selon ses critères, devient digne des plus grands respects. En cela elle est immortelle. Oui, immortalisé est le sujet exprimé.

L' acte de sculpter ne contient aucune crainte

L’acte sculptant se situe donc en un seul instant. La sculpture est une recherche immédiate initiale de l’acte parfait, recherche permanente comme dans la peinture d’un tableau

Quel est cet acte ? c’est l’acte déterminant qui va tracer le plan, trouver la ligne. Cet acte ne contient aucune crainte. 
Toute œuvre est donc inutile sans cet particularité trouvée, INSTANT, habitation « toujours initiale ».

Une statue en pierre, je la sculpte en deux mois, trois ou quatre mois. Mais l’acte est toujours unique et se situe en un seul instant.

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