La sculpture et le spirituel

Sculpter la Vierge relève d’une démarche spirituelle de ma part. La décadence des arts ne m’a pas amené à choisir ce thème particulier.

La sculpture et le spirituel, pourquoi la Vierge ?

J’ai fait un choix, spontané, comme naturel, dès le début de ma sculpture. Pas tout à fait en réalité ; Certaines connaissances m’ont été nécessaires avant d’aborder ce sujet singulier, ainsi qu’un environnement particulier.

Le spirituel, un sens

Le sens se place dans le geste intentionnel ou inspiré que j’effectue en vue de mes Vierges, sculptures et peintures.
A vrai dire depuis plus de vingt ans je travaille sur ce sujet : la Vierge à l’enfant.

Une statue, représentant une personne doit posséder ou donner un sens :
– que fait cette personne ?
– cette statue est- elle commémorative ? historique ?
– La personne représentée a-t-elle des attributs qui la distinguent ?

Par le fait de représenter un enfant dans les bras d’une mère, je me débarrasse de ces questions :
La mère porte son enfant, c’est sa fonction, une action.
L’enfant, porté, donne une continuité à l’action de la mère…
La personne représentée n’est plus une simple personne isolée, mais une mère. L’enfant est son être divin (“j’ai acquis un homme par le Seigneur” Gn 4,1).
Les deux forment un tout, inséparables.

 

belle statue de Vierge pierre
Une de mes statues en 2004

Des intérêts sculpturaux, des intérêts plastiques

Au sens plastique il n’y a pas de limites dans la forme de la Vierge à l’enfant. Les formes ne sont limitées que par le matériau utilisé et quelques autres points par exemple la dimension. Bien- sûr un sujet figuratif contient ses exigences propres : Un sujet figuratif qui d’ordinaire tend vers le beau, exige déjà un certain idéal, exige une orientation dans la démarche.

La notion de beauté

La “notion de la beauté” dépend du lieu de présentation de la statue : – – une église,
– une maison
– un jardin
– une place publique. 
L’église demande un canon particulier pour élever, orienter le fidèle vers le “divin”.

Il y a aussi l’intérêt pour la figure féminine, intéressante dans la sculpture comme art plastique.
La figure féminine accompagne plus aisément la recherche sculpturale.

La figure debout

Mes Vierges à l’enfant sont debout. cette position habituelle crée une posture dynamique et commune. Elle offre aussi une zone d’ éléments plastiques : toute la partie basse (demi- moitié) de la statue, ainsi que le torse ouvert.

Bien que je sculpte aussi des Vierges assises, plus rarement, mais qui garderont aussi un besoin de “frontal”, et qui offrent aussi une zone sculpturale intéressante (les jambes de la Vierge, sous la zone de l’enfant…).

La matière

Le choix de la Vierge debout n’est pas spontané lors de l’utilisation de la matière pierre.
En effet habituellement un bloc de pierre est plutôt de forme cubique, pas spontanément de forme longue qui convient à la statue.

Pour créer une statue je travaille donc un bloc long, dressé volontairement, et recherché dans ce but.

Le canon

La règle de proportion. Nous ne parlons pas de canon dans les expressions contemporaines en sculpture.
Je ne m’en passe pas pour toute statue.
Utiliser un canon clair pour des positions facilite grandement le travail de création.

La Vierge seule ou la Vierge avec l'enfant ?

La “Vierge avec l’enfant” contient à elle seule une très grande richesse plastique.
Autrefois, à cette question : “pourquoi la Vierge à l’enfant ?” je répondais par ces intérêts plastiques :

  • deux visages sur une même statue
  • deux âges différents
  • un intérêt dans le rapport mère- fils (mouvement des visages, qui se regardent), etc…

    Aujourd’hui je le reconnais ; la Vierge à l’enfant possède un intérêt sculptural en elle- même, avec des contraintes plastiques, des effets de drapé possibles, une stature naturelle, etc…

L’enfant ajoute à l’intérêt plastique par son aspect, son modelé. Il ajoute aussi par son rapport à sa mère qui le porte. Les deux personnages forment un couple naturel, avec une différence d’âges, plaisant, commun …

Le fait qu’il y ait un enfant ajoute à l’intérêt plastique. L’enfant ajoute par son rapport à sa mère qui le porte. Les deux personnages forment un couple naturel, avec une différence d’âges, plaisant, commun…

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