La sculpture et la perspective

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De cette circulation « autour », l’objet présenté sur une image médiatisée, ne le permet plus. C’est donc le manque d’une dimension de l’objet se trouvant en 2D (deux dimensions) qui constitue une crise.
Lorsque je me place devant une statue, j’ai le sentiment qu’elle est constituée de trois dimensions, dont deux sont facilement repérables: sa hauteur et sa largeur, toutes les deux constituées de plans ou de lignes.

La sculpture et la perspective

Pour la troisième dimension, (celle qui complète la tri-dimensionnalité de la statue), en quelque sorte, elle m’échappe:
Si je veux mieux l’appréhender, la distinguer de face devant moi, elle ne devient alors plus une profondeur, mais un nouveau plan de face constitué d’une largeur et d’une hauteur.
Une nouvelle autre profondeur apparaît alors.
Je suis en présence de la réalité tri- dimensionnelle.

La tri- dimensionnalité est une constitution de la matière

La tridimensionnalité de la matière est le terrain du sculpteur, il la travaille avec cette constitution propre, les trois dimensions avec le même soin. Les trois ont la même importance. (arts « plastiques »)
C’est cet aspect purement « matériel » qui rend la sculpture palpable, non plus seulement visuelle.
La réussite d’une sculpture dépend de cette gestion des trois dimensions, de l’agencement des trois, hauteur largeur, profondeur, sur une matière placée dans une zone, « un espace ».

L’aspect médiatisé de l’objet 

Dès lors que l’objet naturellement tri- dimensionnel se trouve médiatisé sur une surface plate, un écran, la vérité se trouve en une image plate, impalpable. Ce média, irrémédiablement plat, « diffère » l’objet invariablement dans le temps.
Il « suppose » sa forme complète.
Je suis alors en une situation de ne posséder qu’en illusion puisque l’objet est devenu « inatteignable ».
L’objet représenté, est devenu impalpable: La profondeur au sens matériel, est « illusive ». C’est donc une pauvreté puisque l’objet est lui- même naturellement matière. Le média offre une réalité appauvrie.

L’image plate et la peinture

La peinture (œuvre d’art ou chef d’œuvre) garde sa richesse ou son ambition plastique.
Elle ne fait pas partie de cet article, puisque la réussite d’une peinture comprend aussi la gestion de l’aspect plastique de l’objet.

L’image plastique est immédiate, le média diffère

L’immédiat est donc dans l’objet constitué de ses trois dimensions; touchable. 
Le média (écran, photographie, etc…) se place donc dans le transfert en temps, différé.
De fait, imprenable, intouchable, l’objet est aussi différent. 
C’est l’image plastique, sculpture ou peinture d’art (en terme absolu, le chef d’œuvre), qui est immédiate.
L’art utilise le fondamental de la nature, à savoir les trois dimensions gérées dans 1/le volume, 2/la couleur. Il ne projette pas une image qui soit autre que lui même.

La statue de la vierge depuis le X ème siècle est le témoignage de la vitalité tri- dimensionnelle

La statue de Marie et la quantité des productions dès XI ème siècle en France, montre la capacité pleine et entière dans l’appréhension de la forme.
Cette forme, diffusée, reproduite, est trinitaire et catholique au sens plein.

De la Vierge du X ème siècle à la pauvreté du média qui veut l’instantané

Les premières statues en France dont la Vierge romane, sont le témoin de l’intérêt de la sculpture. Elle permettait au fidèle de circuler autour de l’image vénérée.
De cette circulation autour, l’image vénérée sur un média, ne le permet plus.
C’est donc de n’offrir l’objet qu’en 2D (deux dimensions) en un environnement constant ou habituel (le média « écran ») qui constitue une crise.

La Vierge romane

La Vierge romane indépendante qui est le développement de l’icône, montre par elle même la possibilité de mouvement, de « déambulation » du fidèle dans le cadre architectural qui expose la statue.

statue pierre martin damay sculpteur
Vierge romane et le développement de la profondeur


Cette statue garde son intérêt frontal dans la mesure où le fidèle est appelé à sa vénération en se situant dans son regard, de face, devant elle.
Mais grâce à son développement tridimensionnel, objectivement la statue ne perd rien en intérêt lorsque je me place sur son côté. 

En Europe de l'Ouest, l'icône se transforme en statue

Définir l’icône: sa valeur, son intérêt, ce qui la définit le mieux et de ce fait permet de la lire, voir de l’améliorer
L’icône, en tant qu’image, doit aujourd’hui s’entendre de l’icône peinte, écrite, traditionnellement orientale, dont l’expression privilégie la représentation à plat, les perspectives inversées…

C’est une caractéristique de l’Europe de l’Ouest d’avoir développé l’image en trois dimensions (statue).
L’Europe de l’Ouest est le berceau de la « grande statuaire ».

statue pierre martin damay sculpteur
La vierge romane est trinitaire dans sa forme.

La sculpture de la Vierge

Extrait de l’étude « La Vierge et ses représentations »

Les images « plastiques » de la Vierge se développent et se diffusent en Europe. Des représentations narratives, symboliques, sont inspirées des évangiles, ou d’écrits apocryphes.
L’icône restera la principale représentation pour les églises d’Orient, et dans «l’art catholique» la priorité est donnée à la statue.
Le sujet a été plus largement exprimé et développé sous cette forme majoritairement aux autres confessions chrétiennes :

Un art protestant dépourvu de statues; Le protestantisme s’est défendu de trop grandes représentations, de figurations des saints ou de la Vierge.
Les églises orthodoxes privilégient l’icône (du grec εικόνα eikona) peinte, ou «écrite».
C’est sous cette forme, immuablement frontale, qu’est représentée «plastiquement» la « Vierge à l’enfant».

Des statues de Marie en France et en Europe

Développée en Europe de l’Ouest, la sculpture s’est assimilé le sujet de «Marie» et a contribué ainsi à la création de nombreuses statues dont une grande majorité nous est parvenue.

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Martin Damay est sculpteur professionnel orienté métiers de la pierre depuis 1986. La pierre est la matière dominante de ses sculptures. Tailleur de cette pierre il se formera à la sculpture auprès de nombreux maîtres. Le figuratif est devenu la spécialité de Martin Damay, y compris la statuaire de toute taille.

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