De toute matière l’œuvre est

La sculpture, du “tridimensionnalisme »?

De toute matière

Je ne saurais dire les premières matières qui ont été entre mes mains comme sculpteur, et qui ont été de fait des potentiels, des lieux de créativité et de développement.
Dans un ordre de préférence je les placerais comme ceci : le carton, le papier mâché, la terre et l’argile, les bois, le fer, le métal,
la pierre, le béton, la résine.

De toute matière

La matière dont je parle ici comme sculpteur est placée “sous ma domination”. S’agit il de ce terme exact ? Elle peut, la matière, en tant que tridimensionnelle par nature, s’investir, représenter, interpréter autre chose qu’elle même.
En fait, à l’origine, lorsque j’interviens comme sculpteur, quelque chose plane littéralement au dessus d’elle (de la matière en question) ; un dessein.
Ce dessein est indépendant de moi, ou dépendant.

Je peux dire qu’il est dépendant de moi si j’ordonne la transformation, la transfiguration de cette matière.

De toute matière, la pierre ?

la matière, la sculpture
A gauche, la statue en cours de création, l’acte de sculpter, et une statue d’inspiration (à droite)

La pierre semble être la seule matière naturelle, qui contienne par elle- même un parfait potentiel de tridimensionnalité.
Examinons les différentes matières, ses concurrentes :
– Le bois ?: je suis limité du diamètre de l’arbre qui me fournit ce bois.
– Le fer ?: il est créé. Il ne me donne pas naturellement de bloc tridimensionnel, cube, parallélépipède. Ceci est un choix lors de sa création humaine.
– Le béton ?: il est créé en tant que matière, il ne donne qu’un bloc dont je dois décider des dimensions délibérément.

La pierre ?: sciée elle peut être de toutes les dimensions : carré, bloc, parallélépipède, plaque…

De toute matière l’œuvre «est» !

Je ne veux pas tomber dans le “tri-dimensionnalisme”, la sculpture serait alors une vie, une attitude, un réflexe ! …

Cette matière, qui est au service de l’idée disparaîtra : L’œuvre finie (la statue devenant un chef d’œuvre) établira une distance infinie avec cette matière. Parce que l’esprit qui domine l’œuvre transcende et laisse loin derrière la matière ! L’esprit donne véritablement naissance.

Nous sommes parvenus au “haut de l’échelle”.

La création, ce n’est pas le résultat d’un acte livré à son libre arbitre; C’est l’acte lui- même, initial, un seul instant, bref, qui est continué, prolongé…

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