Le temps, de la sculpture

Je sais que le temps est important dans une sculpture , Qu’est- ce à dire ?
Croyons- nous que je parle seulement du temps de la fabrication de l’oeuvre ? 

Le temps et l’exprimé

En fait le temps en question est celui qui a rapport à l’ « exprimé » : Un sujet semble figé, une statue est comme son nom l’indique « statique ». Et pourtant elle est un temps, un temps fécond, un temps sans durée ou plutôt d’une durée éternelle, contenue en elle ; elle exprime un temps, son temps. Celui qui est son propre, unique.
Qu’importe ce temps de la fabrication ! celui- ci est caduque, devenu sans importance ; il aura été de dix heures, quarante heures, quatre cent heures, ce qui compte c’est le geste, unique, bref en fait.
Michel Ange :  » je veux faire une sculpture pour laquelle personne ne verra ce qu’elle m’a coûté » .

vierge statue belle pierre sculptée

Cette inspiration qui n’est pas dans le temps, mais qui va s’incarner ; du début à la fin du temps de la création de la sculpture, ce geste, cette « motivation » aura été la même, unique, dans son unicité. J’appelle cela « concept cordial » (j’y reviendrai) ; Un concept, un seul, qui va prendre forme, et qui à mesure de la forme, naissante, apparaissante, va se « intra- motiver », se nourrir de sa propre apparition lui- même, se conforter lui- même, s’affirmer et se trouver alors matériel.
Pourtant le concept cordial « est » déjà la forme, mais il est engagé dans un processus d’apparition, de partage de lui- même aux autres, chose qui ne pouvait se faire dans le mental.

J’aime ce temps exprimé dans une statue, ou une sculpture, peut importe ; J’aime sa prestance, que Tout soit en elle, ou que Tout soit contenu dans cet instant en fait, dans un unique temps.

Je trouve cela dans la statue, plus que dans la peinture ; est- ce à cause de sa matérialité ?
Mais dois- je parler de « matérialité » puisque ce mot semble lourd pour exprimer l’esprit qui préside l’oeuvre !.

Le rien de, et dans la création

Qu’il y ait un « rien » je l’admets.
Pourquoi ? comment l’admettre si un rien me fait ressembler à Dieu ! qui seul crée de « rien », Ex nihilo ?
Toutefois, créer une statue doit contenir initialement un « rien ». Quel serait la véritable motivation si un rien « n’était pas » ? s’il n’y avait pas un « rien » ?
Ce rien est défendable.
Alors parler de ce rien à l’origine de l’oeuvre, et à la fois présent, est en soit contradictoire ; je ne peux qu’essayer d’en aborder les contours… et ne pas attaquer la question « de front »…